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Mélenchon en meeting : Péricard dénonce une tartuferie politique
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Mélenchon en meeting : Péricard dénonce une tartuferie politique

Un discours fleuve, des effets de manche, et un maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye qui ne mâche pas ses mots. Arnaud Péricard a vu dans la dernière sortie de Jean-Luc Mélenchon non pas un sursaut républicain, mais un numéro de bonneteau politique rodé jusqu'à la caricature.

Jean-Baptiste Giraud23 août 2026 à 18:472 vues

Il y a des mots qui ne trompent plus personne, ou presque. "Tartuferie" : c'est le terme choisi par Arnaud Péricard, maire Horizons de Saint-Germain-en-Laye, pour qualifier le dernier grand discours de Jean-Luc Mélenchon. Le mot est fort. Il est aussi précis. Tartuffe, rappelons-le, c'est le personnage de Molière qui se drape dans la vertu pour mieux dissimuler ses calculs. Un siècle et demi avant le spectacle politique moderne, l'auteur avait déjà tout compris du genre. **La vertu comme costume de scène** Mélenchon est un orateur exceptionnel — il faut lui reconnaître cela, même ses adversaires les plus résolus s'y résignent. Sa maîtrise du souffle, du rythme, de la formule qui claque : c'est du métier pur. Mais justement. Un discours trop bien huilé, trop bien calibré, suscite une question légitime : à quoi sert-il vraiment ? À convaincre, ou à performer ? La frontière, en politique, entre le tribun sincère et le tribun stratège, est souvent mince. Elle devient invisible quand l'homme en question a passé quarante ans à perfectionner son art. Péricard, lui, a tranché : il voit dans cette dernière allocution non pas une adresse aux Français, mais une démonstration à usage interne — un signal envoyé à sa base, un marquage territorial, une opération d'image. **Ce que "tartuferie" révèle sur l'état de notre démocratie** Mais reprenons. Si le mot est fort, c'est aussi parce qu'il touche à quelque chose de plus profond que la simple joute partisane. La "tartuferie" politique — ce mélange de posture morale et de cynisme tactique — est devenue, en France, une sorte de sport national tous azimuts. Elle ne se cantonne pas à La France Insoumise. Elle irrigue tous les partis, toutes les familles politiques, parfois jusqu'à la nausée. La véritable question que pose Péricard, peut-être sans le formuler explicitement, c'est celle-ci : comment une démocratie tient-elle quand ses acteurs principaux ne débattent plus d'idées, mais s'affrontent à coups de postures ? Quand chaque discours est d'abord un produit, avant d'être un engagement ? **Un maire qui parle depuis les tranchées** Il n'est pas anodin que ce soit Arnaud Péricard qui monte au créneau. Maire d'une ville comme Saint-Germain-en-Laye — bourgeoise, certes, mais aussi traversée par des réalités sociales complexes —, il appartient à cette catégorie d'élus locaux qui gèrent, au quotidien, les conséquences concrètes des grandes tirades nationales. Les discours enflammés sur la justice sociale, sur le partage des richesses, sur la souveraineté populaire : lui les reçoit comme des météorites dans le parking de la mairie, avant de retourner signer des arrêtés. C'est ce hiatus permanent, entre la grandiloquence du verbe et la brutalité du réel, qui fonde son impatience. Et, à sa façon, son diagnostic vaut plus qu'une tribune de chercheur en sciences politiques. **Le problème, c'est que…** …la tartuferie, une fois nommée, ne disparaît pas pour autant. Elle prospère précisément parce qu'elle répond à une demande. Une partie de l'électorat ne veut pas du tout du réel — trop décourageant, trop technique, trop ingrat. Elle veut du récit, de l'élan, du souffle. Et Mélenchon, sur ce terrain-là, livre la marchandise avec une régularité d'horloge. Autrement dit : dénoncer la mise en scène ne suffit pas. Encore faut-il proposer autre chose. Et c'est là que les critiques, légitimes dans leur fond, achoppent souvent dans leur forme : elles démontent le mécanisme, mais n'offrent pas de moteur de remplacement. **Reste que…** …appeler les choses par leur nom, en politique, est déjà une forme de courage. "Tartuferie" : trois syllabes qui valent parfois mieux qu'un long rapport de commission. Péricard a mis le doigt sur quelque chose que beaucoup pensent tout bas. La question, maintenant, c'est de savoir si ce genre de diagnostic, aussi juste soit-il, peut encore changer quelque chose dans un paysage politique où le spectacle a définitivement pris le pas sur la substance.

Source : Orange ActualitésLire l'article original

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