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Triste Nouvelle

L’acteur versaillais Djemel Barek nous a quittés le 30 juillet dernier à l’âge de 54 ans, après trois ans de lutte courageuse contre la maladie. Il n’a jamais cessé de travailler. Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 22 CULTURE + ou sur www.avenirsantemutuelle.fr Versailles plus : Que raconte...

Jean-Baptiste Giraud1 janvier 2017 à 00:004 vues

L’acteur versaillais Djemel Barek nous a quittés le 30 juillet dernier à l’âge de 54 ans, après trois ans de lutte courageuse contre la maladie. Il n’a jamais cessé de travailler. Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 22 CULTURE + ou sur www.avenirsantemutuelle.fr Versailles plus : Que raconte votre livre jeunesse Royale Panique à Versailles ? Claire Le Meil : Un jour de mai 1682, Phénix, le cacatoès, s’est échappé de la ménagerie. Il s’engouffre par la fenêtre chez la Reine, occupée à se plaindre du Roi auprès de ses suivantes et répète ses paroles avant de prendre la fuite. Affolée, la Reine s’engouffre dans la galerie des glaces, suppliant son entourage d’arrêter l’insolent… C’est le début d’une belle pagaille au château du Roi-Soleil ! V+ : Comment avez-vous eu l’idée d’écrire et illustrer Royale Panique à Versailles ? CL : En réalité, c’est un auteur de romans policiers rencontré lors d’un salon du livre à Boulogne qui m’a soufflé l’idée. Il pensait que j’étais prête à signer mon propre livre, sur ma ville, Versailles, et je l’ai écouté. J’ai suivi ses conseils, aussi, parce que j’avais besoin de sortir du « cadre » professionnel des commandes pour réaliser un projet personnel. V+ : Pourquoi un cacatoès ? CL : Je travaillais en parallèle sur l’illustration d’un roman graphique et l’auteur de celui-ci avait choisi de mettre un cacatoès dans son histoire. Cependant, ce cacatoès- là était très en arrière-plan… Avec Royale Panique à Versailles, je voulais valoriser ce personnage et lui donner de la visibilité. On peut donc dire que j’ai réalisé un « transfert de personnage ». Et pour le choix des couleurs du plumage bleu de Phénix, le cacatoès de Versailles, j’ai dû travailler avec la contrainte graphique. Je savais que je ne pouvais pas laisser ce cacatoès blanc – il aurait été impossible de le distinguer sur la page – et je devais trouver une couleur qui fonctionne avec les tonalités rouge – rose des décors… Le bleu s’est imposé tout naturellement, comme la couleur dorée de sa crête. Sa crête jaune rappelle ainsi les rayons du soleil et le rayonnement du Roi Soleil. V+ : Quelles techniques avez-vous utilisées pour ce projet ? CL : Pour mes travaux d’illustration comme pour Royale Panique à Versailles, je dessine toujours à l’échelle 1, en taille réelle pour conserver toute la finesse du trait, et j’utilise relativement peu d’outils : un stylo plume de calligraphie à pointe fine, de l’encre de Chine et du papier à grain de croquis épais. Ensuite, je scanne le dessin initial et travaille les couleurs à l’aide d’une tablette graphique. Cela me permet de jouer sur les textures et d’obtenir des aplats de couleur très réguliers. V+ : Avez-vous douté pendant le processus ? CL : Le processus a duré 8 mois, à petites doses... ce qui Royale Panique à Versailles avec Claire Lemeil : Louis XIV et sa cour n’ont qu’à bien se tenir Claire Le Meil, l’illustratrice au trait « à la Sempé » - qui préfère travailler la nuit plutôt que le jour - se confie aujourd’hui sur son processus de création. Car c’est un livre jeunesse, tout en longueur, qu’elle publie aux éditions Sarbacane, de l’écriture à l’illustration. Son titre ? Royale Panique à Versailles. Son héros ? Un certains Louis XIV, qui, disons-le, se fait rapidement voler la vedette par le cacatoès bleu du château de Versailles, Phénix. Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 24 CULTURE + m’a donné le temps de vivre (et traverser) d’intenses phases de réflexion... Mon éditeur – les éditions Sarbacane – me rappelait à l’ordre quand j’étais prise dans les « scènes d’action » : « ne les fait pas courir tout le temps, il faut aussi des temps de pause ! »… Alors je dirais que la construction de l’histoire, sur le plan du rythme, a été le plus grand défi ! V+ : Votre page préférée dans Royale Panique à Versailles ? CL : Lorsque nous sommes dans la chambre du roi… « Mais l’insaisissable Phénix est déjà passé dans la chambre du grand monarque, qui se prépare à rayonner ». J’ai eu beaucoup de plaisir à dessiner ces perruques un peu baroques, un peu ridicules aussi… et placer des éléments comiques mais historiques à travers les différentes pages, comme les célèbres épagneuls de Marie-Thérèse d’Autriche. Dans mon histoire, ils passent leur temps à faire des bêtises : ils sautent sur le lit du Roi Soleil, ils essayent ses perruques, ils dévalent les escaliers du château en glissant sur la rampe comme sur un toboggan... V+ : Questions rapides - Claire Lemeil en 3 questions CL : Un livre sur votre table de chevet : L’Etranger, d’Albert Camus. Un projet fou que vous aimeriez réaliser un jour : peindre sur céramique et illustrer une collection d’éventails. Un auteur jeunesse qui vous inspire : Laurent Corvaisier, qui avait d’ailleurs exposé son travail à l’ancienne Librairie Vagabonde (Rue d’Anjou). Interview réalisée par Julie Saint-Clair Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 25 CULTURE + Aujourd’hui le jeune auteur nous présente son premier roman, sorti il y a peu, « La Montre de Marie-Antoinette ». Alexandre Laval nous entraine dans le monde de la reine au cœur d’une surprenante intrigue. Un jeune journaliste versaillais, Alex, assiste au Hameau de la reine à la présentation d’une relique : la montre de Marie-Antoinette. Mais lors de l’événement, le précieux objet disparaît ; C’est là que par la magie de l’écriture Alex remonte le temps jusqu’en 1784. Il a récupéré la montre apparemment dotée de mystérieux pouvoirs et côtoie des personnages prestigieux : la reine bien sûr, la duchesse de Polignac, la princesse de Lamballe, le comte Axel de Fersen avec lesquels il se lie. Mais l’objet s’avère être convoité par un sinistre individu qui « cache un secret et de terribles ambitions », le danger rode… Heureusement Alex veille et coopère avec Fersen … Mais nous n’en dirons pas plus ! Véronique Ithurbide : Depuis quand aviez-vous cette idée de roman ? Alexandre Laval : Je pense qu’il a germé en moi depuis que je suis tombé amoureux du domaine de Marie- Antoinette, c’est-à-dire depuis l’enfance puisque je suis né à Versailles. Pendant mes études d’histoire de l’art, je me suis naturellement tourné vers l’étude du XVIIIe siècle, que ma grand-mère affectionnait tout particulièrement. Suite à cela, j’ai intégré le Conservatoire d’art dramatique de Versailles pour apprendre le métier de comédien que j’exerce aujourd’hui, et ma première expérience au cinéma fut en 2011 sur le tournage du film « Les Adieux à la Reine » de Benoît Jacquot, dont les merveilleux costumes m’ont immergé dans l’époque de Louis XVI, décor de mon roman. VI : Une œuvre de 542 pages, impressionnant pour un premier livre, aviez-vous déjà la structure en tête en démarrant l’écriture ? AL : L’intrigue principale m’est venue lors de promenades d’été au hameau de la reine, propices à la rêverie, puis s’est développée et enrichie au fil de l’écriture, de manière continue. Je me suis laissé porter par mon imagination et mes personnages, et je n’aurais pas pensé qu’ils me feraient écrire autant ! VI : D’où est venue cette idée de mélanger deux genres, la fiction et la science-fiction, le tout sur un fond historique ? AL : A chaque fois que je me rends au domaine de Versailles, et particulièrement au Petit Trianon et dans son parc, je ne peux m’empêcher de penser : et si je rencontrais Marie-Antoinette au détour d’un bosquet ? Apparemment, c’est arrivé à deux anglaises au début du XXe siècle. Les paysages, les parfums, les sons semblent vous attirer vers le passé, et l’atmosphère qui y règne permet à l’imaginaire de franchir ce pas et d’effacer la frontière avec l’Histoire. J’ai cherché à transcrire cette porosité des sens dans mon roman, d’où une porosité des genres qui mêle fiction et fantastique, tout en maintenant une vérité sur les faits historiques évoqués. VI : L’époque de Marie-Antoinette, une période qui vous est chère depuis longtemps ? AL : Oui, là encore parce que c’est un siècle que je trouve très visuel et qui touche directement aux sens : Marie- Antoinette avait le don d’attirer la beauté autour d’elle, et Un premier roman pour Alexandre Laval ! Il est né en 1989 à Versailles, auteur et acteur, le XVIII est sa période de prédilection. Alexandre Laval, les lecteurs de votre journal le connaissent car nous avons plaisir à le suivre au fil de son actualité ; En 2015 il écrit et joue sa première pièce « Madame du Barry », crée au théâtre Montansier. Il crée à ce moment là sa compagnie : « La Compagnie du Chapeau de paille » et proposera par la suite des visites théâtrales au musée Lambinet lors de différentes expositions ainsi que d’autres pièces de théâtre. Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 26 CULTURE + son époque incarne une douceur de vivre qui est d’autant plus séduisante qu’elle est éphémère, interrompue par la Révolution. Mode, architecture, beaux-arts, musique, théâtre, tout me fascine à cette période. VI : Le point d’ancrage du roman se trouve être un objet, la montre de Marie-Antoinette, est-ce parti d’un fait réel, un peu comme l’histoire du collier de la reine ? AL : Tout à fait. En 1783, un mystérieux client a commandé au célèbre horloger Breguet une montre en avance sur les techniques de son temps. Breguet a relevé le défi, mais la montre, destinée à la reine, ne lui a jamais été livrée puisqu’elle fut achevée après la Révolution. Dans mon roman, je considère la montre comme un personnage à part entière, car elle guide le héros dans le passé. N’ayant pu vérifier si l’originale avait ce don, je le lui ai prêté pour mon histoire… VI : A vous lire, on a le sentiment que l’époque vous plait et même plus, que vous auriez aimé y vivre, c’est chose faite le temps de l’écriture ? AL : C’est la magie de l’écriture, que j’ai découverte avec ce premier roman. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire et j’y ai mis tout mon amour pour cette époque que je n’ai pas connue. D’où mon choix de faire du narrateur le héros qui effectue ce voyage dans le temps, à ma place… VI : Comment s’est opéré votre travail de documentation, on ne s’immerge pas ainsi sans solides connaissances ? AL : J’ai commencé par lire au lycée la biographie de Marie-Antoinette par Stefan Zweig, dont j’aime le style romanesque. Il ne décrit pas l’Histoire, il la raconte, la vit à travers la reine. Parallèlement à mes cours d’histoire et d’histoire de l’art, j’ai lu d’autres biographies très documentées sur Axel de Fersen, la princesse de Lamballe et la duchesse de Polignac, intimes de Marie-Antoinette que l’on retrouve dans mon roman. Je comprends mieux l’histoire à travers l’étude des personnages qui l’ont vécue. Vi : A quel public destinez-vous votre roman ? Il me semble accessible à des adolescents, qu’en pensez- vous ? AL : Je l’espère et j’en serais ravi ! J’ai déjà des retours très encourageants d’un lectorat adulte. Moi-même, je me suis pris de passion pour Marie- Antoinette à l’adolescence, car c’est une période où on entre « dans la cour des grands » sans en avoir toutes les clés, comme elle lorsqu’elle découvrit Versailles à 14 ans ! L’exploration de « ce pays-ci » comme on l’appelait pourrait être une métaphore du passage à l’âge adulte, c’est pourquoi les jeunes gens s’identifient facilement à Marie-Antoinette. Mon souhait est de faire rêver tous mes lecteurs, et peut- être de leur donner la passion du XVIIIe siècle, s’ils ne l’ont pas déjà ! VI : Votre écriture est très précise, presque cinématographique parfois, avez-vous pensé à en faire un scénario ? AL : J’adorerais réaliser ce rêve et si l’opportunité se présente, je n’hésiterai pas, car je trouve que le cinéma et l’écriture sont complémentaires et me passionnent tout autant l’un que l’autre ! Et quel plus beau décor pour le cinéma que Versailles ? VI : Avez-vous déjà en tête un prochain projet, si oui, toujours en rapport avec Versailles et son histoire ? AL : Côté spectacle vivant, je prépare des visites théâtrales autour de la princesse Palatine à l’occasion de la « Nuit des musées » le samedi 14 novembre au musée des Avelines de Saint-Cloud. Côté littérature, j’écris actuellement mon prochain roman dont l’histoire se passe au XVIIIe siècle, mais dans une autre région de notre belle France ! Et pourquoi pas, un jour, une suite à « La Montre de Marie-Antoinette » si les lecteurs la plébiscite ? Propos recueillis par Véronique Ithurbide Alexandre Laval « La montre de Marie-Antoinette » Aux éditions Absolues 22 euros Ve r s a i l l e s + N°128 - Sept 2020 27 CULTURE + Versailles a très largement retenu l’attention des auteurs de bande dessinée. Offrant une multiplicité de décors intérieurs comme extérieurs, le domaine est tout à la fois l’un des hauts lieux de la grande Histoire mais également le théâtre de nombreuses fictions littéraires qui ont nourri l’imaginaire des auteurs de bande dessinée. « Versailles à travers l’Histoire » L’exposition s’intéressera aux différents lieux du domaine qui ont été représentés, et à la manière dont ils l’ont été, aussi bien en matière de style que de regard porté sur les faits historiques. On trouvera ainsi, non seulement des représentations du château à différents stades de construction, mais aussi des vues des jardins, des châteaux de Trianon et du Hameau de la Reine, ou encore des lieux aujourd’hui disparus comme le château de Marly ou Port Royal des champs. L’exposition partira à la rencontre de grandes figures de l’Histoire du château : souverains, reines, favorites, courtisans, philosophes du siècle des Lumières, mais aussi personnages héroïsés, comme le chevalier d’Eon ou le masque de fer. Elle mettra également en évidence les liens qui existent entre le Château et des événements historiques parfois éloignés dans le temps et dans l’espace : le rôle de Louis XVI et Lafayette dans la guerre d’Indépendance Américaine ; l’installation du Congrès à Versailles à la suite de la Commune de Paris ; la signature du traité de Versailles mettant fin à la Première Guerre Mondiale. Commissariat de l’exposition Yves Carlier, conservateur général au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Jacques-Erick Piette, responsable du secteur médiation culturelle au château de Versailles. Guillaume Pahlawan Agence EVEN BD, conseiller scientifique Le château de Versailles dans la bande dessinée Exposition du 19 septembre au 31 décembre 2020 Château de Versailles Salle du Jeu de Paume 1 Rue du Jeu de Paume 78000 Versailles

Source : Archives PDF VersaillesPlus

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